Gène MDR1

Qu’est-ce qu’un gène ?

Pour rappel, les êtres vivants sont constitués de milliards de cellules qui permettent d’assurer le fonctionnement de l’organisme et l’équilibre entre toutes les grandes fonctions.

Chaque organe, et donc chaque tissu qui le compose, comportent un type de cellules différent avec une fonction particulière à assurer. Par exemple, les cellules du sang sont chargées de transporter l’oxygène vers les organes et les muscles.

Les cellules se divisent et meurent de façon à garder toujours le même nombre de cellules dans l’organisme.

Chaque cellule comporte un noyau qui contient des chromosomes.

Les chromosomes, sous forme de X recourbés, constituent le patrimoine génétique des individus, généralement ils fonctionnent par paire dont chaque partie est identique.

Pour chaque paire, il y a un chromosome d’origine paternelle et un chromosome d’origine maternelle.

L’ADN se situe alors dans les chromosomes et les morceaux qui compose l’ADN sont appelés gènes.

Les gènes contiennent le programme de transmission et de manifestation d’un caractère génétique, (par exemple le groupe sanguin, ou la couleur des yeux) et constituent le programme de fonctionnement des cellules.

 

Les informations contenues dans les gènes permettent aux cellules de savoir quelles molécules créer, ce plan de fabrication permet par la suite de synthétiser des protéines qui vont accomplir différentes fonctions. Les cellules contiennent toutes le même ADN, selon leur spécialité, elles vont uniquement utiliser le programme (à partir des gènes) dont elles ont besoin pour créer les protéines adéquates. Par exemple, la protéine qui sert à transporter l’oxygène dans le sang est l’hémoglobine.

L’hérédité s’explique donc par le fait qu’un individu est créé à partir de deux cellules : l’ovule (de la mère) et le spermatozoïde (du père). Les caractères génétiques contenus dans chacune des 2 cellules vont se combiner pour créer une nouvelle liste de caractères génétiques. L’individu possédera ainsi son propre ADN, composé lui-même du patrimoine génétique de ces parents.

Comment la mutation d’un gène s’effectue ?

Il peut arriver qu’un gène mute suite à la mauvaise division d’une cellule qui entraîne une erreur de copie, mais peut aussi se déclencher à cause d’événements extérieurs (rayons X, rayonnement radioactif ou encore les rayons UV). Ce genre de mutations de gènes ont permis aux espèces d’évoluer tout au long de l’histoire et de mieux s’adapter à l’environnement, en devenant plus résistant par exemple.

Malheureusement ces mutations peuvent également entraîner de graves maladies, appelées maladies génétiques. Elles peuvent toucher un gène seulement, le chromosome ou la paire de chromosomes. Une mutation génétique peut perturber la fabrication des protéines en donnant de mauvaises indications aux cellules (absence de fabrication, excès de fabrication ou fabrication anormale). La protéine ne peut donc plus jouer son rôle ce qui engendre une maladie génétique.

Qu’est-ce que le gène MDR1 ?

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Le gène MDR1 permet de synthétiser la protéine glycoprotéine-P, ayant pour rôle de protéger l’intégrité du système nerveux central en s’opposant à la pénétration de certaines molécules contenues dans des médicaments à l’intérieur du cerveau.

En effet, lorsque le gêne MDR1 est muté, la protéine glycoprotéine-P n’expulse plus les molécules toxiques des médicaments hors du système nerveux central et ne peut plus alors remplir sa fonction de neuroprotecteur.

La mutation de ce gène s’est produite vers le milieu du 18ème siècle chez un chien de berger qui, plus tard, donna naissance à la famille du Colley. La mutation du gène MDR1 s’est ensuite répandue chez les chiens de bergers, cela concerne aujourd’hui plusieurs races de chien comme les Colley, Berger Australien, Shetland, Berger Blanc Suisse, English Shepherd, Bobtail, Longhaired Whippet, McNab, Silken Windhound, Wäller et les Border Collie. Les Bergers Allemands peuvent également être porteurs du gène MDR1, c’est pourquoi le mot d’ordre à ce jour est précaution.

Pour la petite histoire c’est l’arrivée du vermifuge « Ivermectine » sur le marché à la fin des années 80, provoquant des accidents mortels chez les Colleys qui a permis d’alerter les scientifiques. C’est le professeur Mealey et les travaux menés par le laboratoire de l’Université de Washington en 2001 qui ont permis de mettre en évidence la mutation du gène MDR1.

Que risque le chien atteint du gène MDR1 muté ?

Les chiens porteurs de la mutation risque que leur système nerveux absorbe un nombre important de molécules chimiques contenus dans certains médicaments, entrainant une augmentation de leurs effets indésirables, symptômes d’un surdosage : dilatation anormale de la pupille, troubles nerveux, troubles digestifs, coma et parfois décès si la concentration devient trop élevée.

Certaines molécules contenues dans des médicaments seront donc à proscrire comme : Ivermectine, Doramectine, Abamectine, Moxidectine, Milbemycine Lopéramide (Lopéral, Imodium) Emodepside (Profender). D’autres doivent être prises avec précaution comme : Métoclopramide (Primperan, Primperid, Emeprid), Acepromazine (Vetranquil), Dompéridone (Motilium), Métronidazole (Flagyl) et Spinosad (Comfortis).

Et concernant les anesthésies, les chiens concernés par la mutation du gène MDR1 y seront particulièrement sensibles, il est possible d’avoir plutôt recours aux anesthésies gazeuses, sous contrôle permanent du praticien et dosées très finement. Il est nécessaire de refuser toute anesthésie par injection.

Pour toutes informations ou questions (liste médicaments MDR1, test MDR1…), consultez directement un vétérinaire.

Comment éviter la transmission du gène MDR1 muté ?

Le gène MDR1 muté se transmet de manière héréditaire, il est donc primordiale pour les éleveurs canins de déceler cela avant de réaliser des reproductions entre les chiens.

Le dépistage se réalise au moyen d’un frottis buccal ou d’une prise de sang chez le vétérinaire, les résultats sont ensuite envoyés au laboratoire. Les résultats sont de 3 types :

  • MDR1 (-/-) ou Homozygote muté : la protéine glycoprotéine-P n’est pas du tout active et le chiens a des risques forts d’intoxication.
  • MDR1 (+/-) ou Hétérozygote : la protéine glycoprotéine-P est active à 50%, le chien est sensible et le risque est modéré.
  •  MDR1 (+/+) ou Homozygote normal : la protéine glycoprotéine-P est active, le chien ne risque pas d’intoxication.

Un des parents doit au moins être Homozygote normal ou MDR1 (+/+) afin d’éviter que des chiots naissent Homozygote muté. Un tel mariage ne garantira pas l’élimination de la mutation du gène MDR1, mais garantira la production d’animaux sains :

  • MDR1 (+/+) avec MDR1 (+/+) : 100% sains.
  • MDR1 (+/+) avec MDR1 (+/-) : 50% sains et 50% porteurs.
  • MDR1 (+/+) avec MDR1 (-/-) : 100% porteurs.
  • MDR1 (+/-) avec MDR1 (+/-) : 25% sains, 25% atteints et 50% porteurs.
  • MDR1 (-/-) avec MDR1 (+/-) : 50% porteurs et 50% atteints.
  • MDR1 (-/-) avec MDR1 (-/-) : 100% atteints.

Pour les futurs propriétaires, il est possible de se renseigner sur le profil génétique des parents concernant le gène MDR1 (il est possible de demander une copie du certificat de dépistage fait par le laboratoire) d’une portée avant de se décider sur l’achat d’un chiot.

Dysplasie

Myélopathie dégénérative

Test ADN

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